Publié dans bouger

Beuvron en Auge (14)

Beuvron en Auge (14)
Peu de villages possèdent un ensemble aussi important de maisons à colombages. Ici, les interstices sont remplis de tuileaux posés de chant

Département du Calvados

Très vite, on débouche sur la grand-place. Tout le pays d’Auge est là, dans le délicat décor de maisons à colombages qui l’enserre, bien sûr, mais aussi dans les pavés de grès et les trottoirs revêtus de briques disposées en épi, et encore dans la multitude de fleurs qui s’accrochent aux façades qu’agrémentent çà et là les enseignes en bois peint des artisans. Des demeures souvent somptueuses, dont la plus connue, le Vieux Manoir, est ornée de poutres sculptées du XVe siècle. Enfin, cœur battant de la petite cité, trône au centre de la place l’imposante halle, dont les boutiques aux couleurs pimpantes sont le havre d’artisans, de peintres, de sculpteurs, d’antiquaires et d’ébénistes. La vie est là, qui bruit dans cette intense activité artistique. A Beuvron-sur-Auge, on ne fait pas que passer, c’est sûr, on s’arrête pour boire une bolée de cidre ou encore pour visiter, dans la rue principale, la dernière ferme du village, où s’ébattent librement poules et canards.

Pourtant, ce petit village de deux cent soixante-quatorze habitants revient de loin, Vikings, guerre de Cent ans, Révolution française, exode rural, Beuvron a tout connu. Maisons abandonnées, rues en proie aux ronces, le village s’est presque vu mourir. Mais, au début des années 1970, c’est une nouvelle naissance. Les villageois, fiers de leur patrimoine et sous l’impulsion du maire, Michel Vermughem, s’attellent à sa rénovation. Pendant presque 20 ans, artisans du pays et Beuvronnais vont joindre leurs efforts pour rendre au village sa splendeur d’antan. On fait sauter le fibrociment qui enlaidit les façades, on décape les couches de peinture à l’huile qui cachent les colombages et on rénove le torchis. Les maisons se couvrent d’ardoises bleutées ou de tuiles plates ocrées et s’habillent de briques roses. Une entreprise exceptionnelle qui fait de Beuvron, avec ses maisons à colombages, ses hourdis de torchis et ses quadrillages en croix de Saint-André, un symbole du pays d’Auge.

Le cadre, c’est une chose, Encore faut-il faire revivre les traditions du pays. La fête du cidre, la brocante annuelle, la fête des géraniums au printemps…. et surtout, en octobre, le marché à l’ancienne où, l’espace d’une journée, la place de Beuvron se transforme en ferme vivante exposant à tous les produits du terroir, calvados, cidre, pommes et volailles. Avec ces manifestations populaires, qui connaissent un beau succès, c’est l’effervescence. Mais la cité aime aussi le calme. Pour preuve, cette invitation à l’entrée du bourg : « ni vitesse, ni bruit ». Une façon de discipliner les voyageurs de passage…

Pour les amateurs de randonnées pédestres, la campagne n’est pas loin. Au bout du village, très vite, elle reprend ses droits : des chemins creux bordés de vergers mènent à la chapelle de Clermont-en-Auge, construite sur une ancienne source miraculeuse et qui surplombe le pays d’Auge.

 

source : charme et secrets des villages de france 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.